USHUAIA - EL CALAFATE (9-01 transport)
El Calafate: 10, 11, 12 janvier


On s'est tapé plus de 950 kilomètres en autobus dont 500 dans la pampa, plaine désertique morne et plate sur une route de gravier (quand je pense que j'ai déjà trouvé le trajet Drummondville - Québec long...), franchis à deux reprises (pour entrer et pour sortir) la douane chilienne hyper-chiante avec en prime un festival du tamponnage de passeport (pire que la frontière américaine, on fouille les bagages à la recherche de pommes, d'oranges et de jambons! avec des scanneurs digne de l'époque de l'aéroport Mirabel pour un trajet sans arrêt au Chili...) on a mangé dans le bus, pissé dans le bus, essayé de dormir dans le bus, vibré dans le bus, changé de bus à Rio Gallago après une heure et demi d'attente et débarqué après 20 heures de bus, de douanes, de traversier sur le canal de Magelland et autres histoires de voyage à El Calafate à 1 hre du matin complètement claqués.
En plus, le chauffeur de taxi a même essayé de nous faire le coup du tour de ville en direction de l'hôtel mais Sylvie qui avait eu le temps d'étudier! le plan de la très grande municipalité de El Calafate (une cinquantaine de rues dont la moitié ne sont ni pavées et sans indications d'aucune sorte...) a signalé tout de go au chauffeur qu'il se gourait et qu'il avait intérêt à changer de direction, ce qu'il fit sans discussion en plus d'y perdre sa propina....
C'est que nous avions un rendez-vous... avec un glacier... on a même pris 24 heures pour récupérer suite à ce périple de back-packers afin de profiter pleinement des moments à venir en plus de louer une Fiat uno (encore) pour être pleinement autonome.
Comment décrire ce que nous avons vécu par la suite... le glacier Perito Moréno fait 4 kilomètres de large par 14 de long (plus étendu que la ville de Buenos Aires...) ses crêtes ont une trentaine de mètres de hauteur. Sous le glacier un fleuve souterrain alimente en eau turquoise le troisième plus grand lac d'Amérique du Sud, le lago Argentino. Le parc national, magnifiquement aménagé, nous permet avec des passerelles de s'approcher à une centaine de mètres de cette fabuleuse rivière de glace qui avance de 3 mètres par jour... le dernier glacier au monde qui bouge encore, qui ne fait pas que fondre...

Le bruit de fond de cette masse grouillante est indescriptible sans oublier sa couleur. Cette glace, qui date des temps immémoriaux a pris des teintes turquoises, bleus poudres, bleus foncés et de blanc le tout strié de marques plus foncées qui doivent marquer les centenaires si ce ne sont pas les millénaires.

Nous sommes demeurés quatre heures à le contempler sous tous les angles possibles, à l'écouter bouger, vivre, respirer... les mots me manquent... il arrive des moments dans la vie ou l'on se sent dépassé par ce que l'on voit et c'est ce que nous avons vécu ce jour là. C'est avec fracas, des masses de glaces se détachant pour tomber dans le lac, que cette immensité glaciaire nous rappelait sa présence de minutes en minutes... Franchement, c'est sans aucun doute le phénomène naturel le plus hallucinant que j'aurai jamais vu.
Il règne sur le site une étrange ambiance qui se confine au recueillement... on a presque envie de chuchoter tellement la cathédrale de glace est imposante...
C'est à regret que nous avons quitté les passerelles mais un catamaran qui nous amène à quelques centaines de mètres du mur de la portion de glace qui donne sur le lac a complété cette visite mémorable... C'est avec une réelle tristesse que nous avons quitté le Parc Los Glacieres et son merveilleux Périto Morino...
Nous avons repris la Fiat Uno et pris une nouvelle route qui s'est terminée (c'était la quatrième fois que l'on arrivait au bout d'une route en Patagonie...) dans une hascienda qui servait aussi d'hôtel...

Il y avait des moutons, des chevaux avec des gauchos et pour la première fois on a rencontré une argentine qui parlait français... au bout du monde des fois c'est rassurant...Bel endroit pour venir faire une retraite !
AOxxxx
Peut-on adopter un glacier ?

Ce fameux matin du 11-01-11, une date mémorable, André me trouvait fébrile au lever, j'avais hâte, si je m'était écouté, nous serions partis à 5h30am. C'est pas tous les jours qu'on va voir un glacier, j'étais excitée et en même temps j'avais peur d'être déçue. Le tarif pour entrer dans le parc était passé de 60 à 100 pesos, allions nous nous faire prendre dans une trappe à touriste?

Résultat: une rencontre inoubliable, touchante, marquante et impressionnante! Nous avons vu quelques morceaux s'effriter et tomber à l'eau. Pour le spectacle, j'aurais bien aimé voir une grande plaque tomber et en même temps, je préférais que non...
Voir cette immensité, en voie d'extinction, perdre un petit morceau de glace (et oui, de la glace) me faisait de la peine, imaginez un gros morceaux, m'aurais fait mal au coeur.
En résumé, une journée remplie d'émotions...
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Près de l'hôtel, on a vu quelques flamands roses
dans les marais du lac Argentino?! |
Pour ce qui est d'El Calafate, en soit, restos, cafés, petits hôtels et surtout boutiques pour touristes avec des vêtements sports griffés, toutes les marques y sont sauf Chlorofile et les manteaux Canada Goose (dont les français sont absolument fou, quand ils viennent à Mtl, ils veulent acheter un de ces manteaux fait pour du -50C). On vient à El Calafate pour voir Périto Moreno, that's it!
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Gino, j'ai pensé à toi quand j'ai vu ces motos au glacier,
elles appartenaient à un groupe d'allemand, full équipés! |
Note de la monteuse: toutes les photos ont été prises avec ma petite Canon, aucun trucage! Pas pire, n'est-ce pas?
Sym XXX